Assassin’s Creed Black Flag Resynced TEST 🏴‍☠️ Remake de haute volée ou Simple Lifting ?

13 ans après l’original, Assassin’s Creed Black Flag est donc de retour en mode… Resynced, c’est à dire remaké, resynchronisé…

Je ne l’ai jamais caché, c’est tout simplement l’un de mes épisodes préférés de la saga, l’un de ceux qui m’a le plus embarqué, dans tous les sens du terme, grâce à son cadre exotique, son histoire haletante, le charisme d’Edward Kenway ce hors la loi rebelle qui rêve de se faire un nom en quête de gloire, de liberté et d’une vie meilleure, sans oublier la variété des situations qu’il proposait aussi sur terre, que sur mer.

Et forcément les enjeux de son retour sont multiples aussi bien pour nous les joueurs en quête d’un open world palpitant pour passer l’été de belle manière, mais aussi pour un Ubisoft qui se doit de renouer avec des jeux de qualité, appréciés et qui fonctionnent commercialement… Alors quel réellement l’envergure de ce remake qui s’apprête à sortir ce jeudi 9 juillet sur PS5, Xbox Series et PC ? Parvient-il a transcender l’original ou reste-t-il un peu trop sage ? Moussaillons, il est temps de prendre la mer…

Assassin’s Creed Black Flag est un jeu sorti initialement en 2013 à l’époque de la génération PS360…alors jugez aujourd’hui son remake consiste à bien définir de quoi l’on parle. En effet, sur le fond, on est bien loin d’un remake à la Capcom qui généralement propose une profonde relecture de l’oeuvre initiale.

Ici hormis le fait d’avoir retranché les séquences modernes, remplacés par quelques souvenirs via des « Failles du Présent » relativement anecdotiques, l’aventure est essentiellement la même.

Alors oui, on retrouvera bien 3 nouveaux officiers que sont Lucy Baldwin, Le Padre et Smith Le Mort Vivant. Oui, chacun dispose d’une quête narrative dévoilant son histoire, mais ne vous attendez pas non plus à des pans de scénario gargantuesques en plus. Non, ici cela revient surtout à étoffer un peu les interactions, à créer plus de liants dans l’aventure afin de profiter de leurs capacités spéciales. Par exemple Smith Le Mort Vivant débloquera un double tir avec les canons de bordée d’un Jackdaw véritable personnage secondaire de cette épopée que vous n’aurez de cesse d’améliorer, que ce soit pour des éléments offensifs et défensifs… voire même cosmétiques avec, par exemple, la possibilité nouvelle d’accueillir un chat ou un sage à vos côtés.

Au rang des légers ajouts, l’histoire comprend aussi quelques missions inédites avec Barbe-Noire et Steede, ainsi qu’une scène inédite avec Caroline, la femme d’Edward.

C’est plutôt chouette pour les fans de la première heure, et une addition intéressante pour ceux qui embarqueront pour la première fois. A ce titre, me retrouver les Caraïbes m’a aussi rappelé combien je trouvais globalement les Assassin’s Creed de cette époque bien mieux écrits et palpitants que les récents épisodes. Si certains aspects ont forcément un peu vieilli, globalement, je trouve que l’histoire d’Edward Kenway est passionnante à vivre avec un superbe alliage entre action, aventure et mystères…

La confrérie des Assassins, les lutes de pouvoirs, les enjeux parfois un peu cosmiques sont au coeur de la narration… sans oublier le charisme du protagoniste qui foudroie de mille feux ce qui a pu se faire récemment ! Bref, sur cet aspect je me suis vite rappelé pourquoi cet épisode m’avait tant marqué… pourquoi je m’y étais senti si à l’aise entre les virées sur mer et les explorations sur terre.

MAIS NE NOUS Y TROMPONS PAS, l’élément clef de cet Assassin’s Creed Black Flag Resynced repose surtout dans une refonte de forme, avec des améliorations graphiques nombreuses et souvent impressionnantes, mais aussi pas mal d’ajustements de gameplay. Et là, je ne vais pas y aller par 4 chemins : c’est vraiment beau ! Ce souffle exotique des caraïbes irradie l’écran grâce à un travail minutieux effectué sur la qualité des éclairages, la finesse des textures, sans oublier d’avoir étoffé la densité des villes traversées et la richesse de la flore.

Au coeur de vos pérégrinations, on retrouvera la Havane, joyau prospère des Caraïbes. Une ville dirigé par les Templiers. Ou encore Nassau, coeur de la République des Pirates. Les conditions climatiques changeantes du coucher de soleil qui embrase les panoramas ou tempêtes les plus brutales, tout cela contribue à renforcer l’immersion.

Franchement, c’est le jeu parfait pour l’été. On sentirait presque le sable chaud au bout des pieds, ou l’humidité des forêts vierges… A ce niveau, l’Anvil, moteur maison d’Ubisoft n’est peut être pas le plus impressionnant du marché… mais il permet de donner vie à une refonte séduisante de ce jeu culte.

D’autant que les visages, souvent à la traine chez UBI, sont ici enfin en net progrès ! La galerie de personnages est aussi riche, que bigarrée, et la plupart dispose d’un style plutôt réussi. Cela dit, tout n’y est pas parfait. Sur PS5 PRO, le jeu propose 3 modes visuels : Qualité, performance et équilibré.

En Performance pour viser les 60 images/sec, j’ai noté pas mal de petites affinages de textures, et quelques popin de végétation. Dans le même temps, j’ai parfois subi des changements de météo, voire même d’horaires, assez brutaux et incompréhensibles. Rien de dramatique mais clairement le signe qu’un de travail d’affinage supplémentaire serait idéal.

Au niveau du gameplay, le jeu propose néanmoins pas mal d’ajustements. A commencer par l’exploration sous marine qui est devenue totale et permettra de temps en temps de découvrir quelques trésors cachés inédits. Le système de combat a lui aussi été entièrement repensé avec un focus sur l’action pour rendre les combats à la fois plus souffle et nerveux, avec la possibilité de créer des ouvertures dans les gardes adversaires via des parades précises et d’effectuer jusqu’à 4 take down enchainés. Bon. Sur le papier c’est plutôt chouette… à jouer, j’ai en réalité été plutôt déçu.

Même s’il y a eu des améliorations depuis la preview, je trouve que cela manque toujours un peu d’impacts, et surtout les collisions sont trop souvent un peu approximatives. Bref, malgré les possibilités diverses offertes via le grappin, les balayettes & co… je ne trouve pas que cela soit l’une des grandes forces du titre.

Sur un autre aspect central, à savoir le parkour et l’infiltration, il faut en revanche avoué que les choses ont été agréablement assouplies, reprenant ce qui se fait aujourd’hui dans les récents opus. On se sent certes parfois trop assistés, un peu sur des rails, mais la grimpette est fluide, rapide, et la plupart du temps efficace.

Les missions de filature ont aussi été retravaillées, et désormais si vous êtes repérés, il n’y aura plus de desynchronisation immédiate qui pouvait être très fréquentes et frustrantes dans l’original… Non, ici il faudra s’adapter à la situation et c’est d’une certaine manière beaucoup plus naturel et logique.

Idem, l’infiltration a été rendue plus immersive. Avec la possibilité de s’accroupir partout ce qui permettra de rendre les approches plus créatives… cela dit, même en NORMAL, on ne peut pas dire que j’ai été bluffé par l’intelligence artificielle que j’ai trouvé assez médiocre en réalité ou du moins, extrêmement facile à berner.

D’ailleurs noter que les combats, la discrétion, les combats navals et les activités proposent chacun 3 choix de difficulté (histoire, normal, difficile).

Au final, Assassin’s Creed Black Flag Resynced propose pas mal de nouvelles îles à explorer, près de 6h de gameplay inédit, un Jackdaw avec de nouveaux modes de tirs, une histoire haletante et un visuel résolument exotique… mais surtout peu de jeu distillent un tel souffle de l’aventure, par ses paysages, la chaleur de ses éclairages, par la variété des situations aussi… sans oublier la navigation.

Parce que cet élément est véritablement au coeur de l’équation, renforcé avec de nouvelles chansons de pirates, mais surtout de nombreux moments inimitables, presque poétiques face à une baleine jaillissant au loin dans l’écume avec cette vue aussi exotique, que parfois féerique d’un horizon infini…

Alors oui, par certains aspects la base de ce remake accuse un peu le poids de ses années… tant la refonte est avant tout graphique, et oui les combats m’ont globalement déçus, mais reste que la base du jeu était et reste encore aujourd’hui excellente !

Alors pour les fans de la première heure qui le connaissent déjà par coeur, l’intérêt restera limité, hormis le plaisir visuel… pour ceux qui n’avaient pas embarqué aux côtés d’Edward Kenway, vous aurez l’impression de jouer à l’un des, si ce n’est, le meilleur Assassin’s Creed de ces dernières années.

Preuve que parfois c’est dans les vieux pots que l’on fait les meilleures soupes… mais qu’il est aussi grand temps qu’Ubisoft s’inspire de ses gloires d’antan pour donner vie à de nouvelles pépites capables de perpétuer cette légende, à moins d’être condamné à ne briller qu’à l’ombre d’un glorieux passé...

VERDICT : BON

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