J'ai testé SAROS, l'après Returnal 🔥 Cauchemar ou Espoir ?

Ravi de vous retrouver pour un Grand Test de SAROS, la nouvelle exclusivité PS5 du studio Housemarque qui s’apprête à sortir le 30 avril prochain, soit dans précisément une semaine.

Un jeu que j’attendais tout particulièrement, même si je dois le confesser, cette attente était constituée d’une excitation panachée d’anxiété. En effet, il y a 5 ans déjà, je me souviens de mes premiers pas dans Returnal. Tout ce que j’avais vu, entendu et ressenti m’avait plu. La direction artistique, le gunfeel, l’intensité… et puis ce fut la douche froide ! Le mur ! Malgré des dizaines et dizaines d’essais, impossible de battre le premier boss et obligé de tout recommencer en boucle, encore et encore. Sans le moindre coup de pouce de la part du jeu…

Alors à l’heure d’affronter Saros, certes nouvelle licence d’Housemarque, mais marchant quand même très clairement dans les pas de Returnal… j’étais aussi motivé, que fébrile. Moi qui ces dernières années a triomphé d’Elden Ring et Sekiro, deux challenges que j’aurai cru infranchissables il y a quelques années, allais-je enfin y arriver ?

Il y a quelques semaines, vint l’heure de la preview. Tout se passait admirablement bien, une fois de plus Housemarque faisant l’étalage de sa science de l’atmosphère, de sa maîtrise des diverses fonctionnalités de la DualSense, de l’âpreté de ses combats transformant le fameux Bullet Hell du genre… en Bullet Ballet. Oui, car c’est bien d’une danse avec ce déluge des billes multicolores résonnant comme autant de mortelles morsures dont il s’agit.

Tout se passait bien… jusqu’au boss. Et là, la peur de voir ressurgir mes démons. Un essai, puis deux, puis trois… puis dix. Et toujours pas de victoire.  Alors à l’heure du test, Saros m’a-t-il résisté et frustré comme Returnal en son temps ? Ou a-t-il su revoir subtilement sa formule pour permettre à plus de joueurs, dont moi, d’embarquer… sans oublier les joueurs les plus hardcore ?

J’ai clairement beaucoup de choses à vous dire et vous montrer. Le tout avec les captures maisons garantis avec de la sueur et de la 4K60. Saros, c’est OUI… ou NON ? Eh bien, je vous en parle sans langue de bois…

À tous les niveaux, Saros se trouve vraiment dans la lignée de Returnal. Et en cela, forcément l’effet de surprise s’estompera quelque peu probablement pour les puristes…

On retrouve son ambiance sombre, sa direction artistique soignée, sa vitesse, son intensité, et même son histoire résolument cryptique. D’ailleurs suite à une discussion avec Yannick j’ai découvert qu’il semblait par de nombreux aspects inspiré du « Roi en Jaune », le recueil de nouvelles de Robert W. Chambers. Une œuvre fondatrice de fiction baignant dans l’horreur cosmique dans la lignée de Lovecraft et Edgar Allan Poe, le doute n’est pas permis c’est qu’on y retrouve le mythe de la cité de Carcosa avec son atmosphère oppressante, des personnages étranges, des spectres inquiétants, et où chaque nouvelle offre son lot d’effroi et de mystère.

D’ailleurs, sachez qu’une fois le générique de fin passé… vous n’en aurez pas tout à fait fini avec les mystères de Saros, mais je vous laisserai découvrir cela par vous mêmes.

Sachez juste que l’histoire vous fera suivre le programme Échelon : où des équipes d'experts ont été envoyées comme pionniers pour établir une colonie... jusqu'à ce qu'un équipage d'urgence soit envoyé pour enquêter sur une rupture totale des communications.

Au centre de tout ça ? Le culte de l'Éclipse, qui donne littéralement vie à cet univers. Le casting s'élargit peut être d’ailleurs un peu trop, porté notamment par le personnage d’Arjun Devraj, incarné par Rahul Kohli, acteur anglais que le studio voulait absolument depuis les tout premiers concepts et qui a tout de suite dit « oui » ayant adoré Returnal.

En parlant de l’Eclipse, quand vous l’enclencherez souvent à mi-parcours de niveau (mais pas toujours), le monde bascule dans une autre réalité. Sa teinte change, mais aussi son atmosphère générale. Le monde semble alors presque prendre vie… mais attention, car cette ambiance corrompt les armes, les reliques et même l’esprit des personnages. Arjun devra ainsi trouver des réponses à sa présence sur Carcosa dans une quête introspective tout aussi intense que le gameplay.

Venons en au coeur du sujet pour un jeu Housemarque : le gameplay ! Saros garde évidemment l'action explosive et la gestion magistrale de la DualSense de Returnal, avec la prise charge des vibrations haptiques subtiles, ainsi que des gachettes adaptatives avec tir primaire et secondaire en bout de course. Sans oublier la recharge rapide sur R2 a placé avec le bon timing, bref les armes offrent de superbes synergies avec la manette et les contrôles sont d'une précision chirurgicale. Cela dit c’est littéralement indispensable tant on est face à un shooter exigeant qui mise tout sur le rythme et le flow.

Rester en mouvement est vital. Le gameplay étant un concentré d'adaptation, de précision... et de pression avec les billes que l’on peut absorber, celles qu’on peut renvoyer, et les autres qu’il faut éviter comme la peste.

D’ailleurs la grosse mécanique inédite réside dans l’utilisation du bouclier Soltari pour absorber les tirs ennemis et la corruption… avant de la renvoyer brutalement sur vos adversaires.

Vous franchir tout les dangers du monde de Carcosa, vous disposerez évidemment d’une montée en gamme de vos armes du simple revolver, au fusil à balles intelligences (la véritable pépite du jeu), sans oublier une arbalète un peu cheatée, ou des espèces de boomerang rotatifs.

A noter aussi que si le monde propose des parcours différents à chaque run, il n’est pas réellement procédural, mais plutôt composé de segments créés à la main avec des variations. Et ça se sent dans le soin apporté à l’immersion, aux décors souvent élancés mais soignées. A noter qu’en fonction de votre progression vous allez pouvoir faire des choix dans votre sélection d’arme… et qu’à mes yeux cela revêt une importance cruciale tant face à certains boss, cela peut tout changer ! Du moins pour moi !

Plus vous avancerez, plus vous bénéficierez aussi de nouvelles aptitudes comme un grand saut, ou encore un grappin, voire même une fusion dans des filaments de lumières vous permettant d’atteindre des lieux jusqu’alors absolument inaccessibles.

Si la plupart de ces éléments sont dans la droite lignée de Returnal… en revanche, Saros a changé un aspect subtil, mais clef en effectuant un réel travail sur l’accessibilité. Désormais après chaque mort, et croyez-moi, elles seront nombreuses du moins si vous avez mon niveau, vous pourrez améliorer certains aspects liés à votre vie et votre équipement dans un de gigantesque arbre de compétences.

En récoltant de la Lucenite, vous pourrez améliorer vos attributs clés :

  • La Ténacité (votre vie)

  • Le Contrôle (vos armes énergétiques)

  • La Détermination (le gain de Lucenite)

Des améliorations qui vous permettront donc de revenir plus fort à chaque run, mais surtout qui vous permet d’effectuer vos choix. Car attention s’il est fortement recommandé, ce dispositif reste facultatif…

Cela dit croyez-moi, si vous êtes comme moi, vous allez en avoir bien besoin, même si ATTENTION, il y a une limite à cette progression qui se révèle capé au bout d’un certain temps. Résultat vous ne pourrez pas farmer éternellement des capacités… et vous serez quand même à un moment obligé de battre boss après boss pour poursuivre la progression dans votre arbre de compétences.

Cela dit, il faut aussi noter que les boucles sont plus courtes, il faut compter entre 15 et 30 minutes pour aller du hub central à un boss. Résultat immédiat : les runs sont incontestablement moins frustrantes que dans Returnal.

Autre changement notable : l’arrivée des modificateurs Carcosiens ! Cette seconde strate change VRAIMENT TOUT et s’offrira aux joueurs après avoir franchi le second biome, ou après de très nombreuses morts. Ici vous allez littéralement pouvoir régler la difficulté du jeu !

Mais attention, plutôt que de simplement passer en Facile ou Difficile, vous aller ici pouvoir activer des modificateurs de jeu avec une granularité ultra développée et fine. Un peu, moyennement ou beaucoup plus de dégâts infligés ou subits. Des bonus ou des malus. Bref c’est un choix réglable finement et que vous pourrez activer ou pas, à tout moment. Cela ne fige donc pas les situations, cela les rend plutôt malléables et personnalisables. Bref c’est interactif et c’est du pur jeu vidéo… tout le monde y gagne avec un pur jeu à la carte qui s’adapte à VOS envies !

Et je ne vais pas y aller par 4 chemins… c’est aussi probablement ça qui m’a permis de finir le jeu en environ 18h !!! Car OUI, j’ai fini SAROS… et je vais même aller plus loin, j’ai adoré ça !!! ALLELUIA !!! A ce titre, je tiens vraiment à remercier les développeurs qui tendent la main vers des joueurs comme moi… tout en permettant aux joueurs les plus exigeants de corser encore plus leur expérience. Il n’y a donc que des gagnants !

D’ailleurs parmi les forces centrales, j’ai adoré son intensité, la finesse du gameplay et du gun feel, la prise en charge chirurgicale de la DualSense…

La prouesse technique avec des effets pyrotechniques ahurissants et ce constamment… car oui, le jeu en met plein les yeux avec une élégance macabre absolument folle…

J’ai aimé aussi cette histoire morcelée et volontairement cryptique avec une réflexion introspective sur nos démons intérieurs et ce que nous pouvons devenir pour les autres. Mon conseil : lisez bien les mémos et explorer bien le Repaire, il regorge d’éléments importants sur l’histoire d’Arjun… et ce même après le générique de fin passé.

Comment ne pas louer aussi son accessibilité lui permettant de tendre la main à des joueurs moins expert comme moi qui avait buté sur Returnal… mais pourra aussi se montrer encore plus hardcore pour les joueurs les plus exigeants. Bref, personne n’y perd, tout le monde y gagne un jeu qui saura lui donner ce qu’il recherche.

Cela dit, tout n’est pas parfait non plus.

En effet, j’ai noté une direction artistique qui s’essouffle un peu dans la deuxième moitié du jeu Et à mes yeux, le deuxième biome à mi chemin entre Matrix et le Midgar de Final Fantasy 7 est le plus impressionnant du jeu avec son fatras de tuyaux, de câbles, de machines qui semblent s’animer. Mais par la suite il y a un petit ventre mou artistique dont les maraicages assez inintéressants, malgré quelques fulgurances comme la cathédrale inversée.

Déception aussi du côté des cinématiques in game qui reste assez décevantes sur leur réalisation trop souvent très classiques, voire statiques, et hormis Arjun les modélisations ne sont pas particulièrement impressionnantes. Sur ce point la progression de Housemarque est limitée…

Au final, si tout n’est pas parfait… SAROS a su me tendre la main et littéralement me happer. Je n’ai pas décroché pendant près de 20h de jeu, avec des runs hypnotiques jusqu’à 5h du matin. Littéralement, je ne pouvais pas lacher la manette. Et ça, c’est LE signe qui ne trompe pas. Cela dit attention, les amoureux de Returnal y verront beaucoup de redites et il est vrai que Saros ne réinvente pas grand chose ce qui est dommage dans le fond. Cela étant il m'aura ouvert la porte grâce à une accessibilté accrue et bienvenue. 

VERDICT : BON

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