MARVEL'S WOLVERINE : Le TEST TRANCHANT 🔥 L'Exclusivité PS5 d'Insomniac Games sort les griffes... mais pas assez ?
Après plusieurs présentations et previews au fil des derniers mois, eh bien cette fois ça y est : j’ai terminé Marvel’s Wolverine, la nouvelle exclusivité PS5 d’un Insomniac Games qui ne chôme définitivement pas sur cette génération. On peut même dire que le studio californien est de loin le plus productif parmi les PlayStation Studios avec une cadence de sorties assez impressionnante.
Et autant vous dire que la quinzaine d’heures passées aux côtés de Logan auront été particulièrement intenses ! Parce qu’Insomniac n’a clairement pas cherché à juste reproduire Spider-Man avec des griffes et davantage de sang, mais plutôt à construire une aventure encore plus cinématographique, avec une variété d’environnements plus marquée, une violence totalement décomplexée… mais aussi une linéarité qui risque de diviser.
Parce qu’en assumant pleinement son statut de méga blockbuster prenant fortement le joueur par la main, je trouve que cette orientation constitue à la fois sa principale force… et probablement sa plus grande limite. Pourquoi ? Comment ? Eh bien croyez-moi, je vais avoir l’occasion de tout vous expliquer…
Alors en attendant sa sortie le 15 septembre 2026 en exclusivité PS5, comment Insomniac est-il parvenu à retranscrire un personnage aussi bestial et tourmenté que Wolverine ? Jusqu’où le studio est-il allé dans la surenchère et l’extrême violence ? Et surtout, au-delà du spectacle parfois impressionnant, est-ce que cette nouvelle aventure Marvel arrive à proposer quelque chose de marquant ou ce genre commence doucement mais sûrement à tourner en rond ?
Eh bien installez-vous confortablement, place à mon verdict évidemment certifié sans spoiler des temps forts de l’histoire, mais avec les qualités, sans oublier les défauts, le tout servi avec mes captures en 4K60.
Sortez les griffes et préparez-vous à un Grand Test tranchant, je vous en parle !
Pour vous mettre dans le bain, sachez que 30 ans après avoir été sauvé par Natha-niel Essex, Logan part à son tour en mission pour tenter de le retirer des griffes d’Omega Red et Trask. Mais Essex est aussi Mister Sinister, et ses véritables intentions restent troubles.
Face à Trask, la Team X avec Mystique et Dents de Sabre à nos côtés, tente alors de protéger des mutants encore cachés, tandis qu’en parallèle, Logan affronte les fragments de son passé. Avec une question qui rôde de manière lancinante : parviendra-t-il à libérer la bête sans perdre l’homme ?
Voici donc les enjeux narratifs de ce nouveau blockbuster...
Et d’emblée, je vais vous livrer le fond de ma pensée : oui, Marvel’s Wolverine risque d’être un jeu clivant !
En effet, après avoir réalisé plusieurs jeux open-world dans l’univers de Spiderman, Insomniac Games avait visiblement envie d’expérimenter avec une aventure extrêmement cadrée, qui veut constamment vous pousser vers l’avant et multiplier les séquences spectaculaires, avec finalement assez peu de temps mort. On avance, on combat, on explore très voire trop légèrement, l’histoire progresse, puis le jeu nous propulse vers une nouvelle confrontation ou un nouveau morceau de bravoure… et ainsi de suite pendant quasiment toute l’aventure.
Alors évidemment, au cœur de cette formule, il y a Logan, et de ce point de vue un vrai travail a été effectué pour que l’on ressente immédiatement sa puissance et sa rage. Wolverine n’est pas simplement un personnage rapide auquel on aurait ajouté des animations particulièrement sanglantes : ses mouvements, ses impacts, sa capacité à bondir vers ses adversaires et surtout la violence avec laquelle il enchaîne ses attaques donnent aux affrontements une agressivité assez singulière et qui brûle la rétine !
Par exemple, lorsque plusieurs ennemis vous entourent, que les coups s’enchaînent, que les griffes transpercent les corps et que Logan commence progressivement à perdre en lucidité sous l’effet de sa rage, il peut réellement se dégager quelque chose d’assez grisant… d’autant que le gameplay a intelligemment relié les jauges de rage à l’obtention de certaines capacités, comme la possibilité de revenir au combat ou de libérer toute sa folie destructrice.
Résultat, le jeu met la pression au joueur d’enchainer ses coups toujours plus vite pour ne pas voir sa jauge baisser ce qui a pour effet de créé un flow ultra nerveux et particulièrement. D’autant que le jeu est ouvertement déconseillé aux moins de 18 ans et ne fait donc absolument pas semblant avec la violence. Les affrontements sont ultra sanglants, sans pour autant que cela m’ait donné le sentiment d’être uniquement là pour juste pour choquer les esprits. Et puis en réalité ce déluge d’hémoglobine est constitutif de l’identité même du personnage, sans cela, ce serait dénaturer Wolverine et ça n’aurait pas de sens, sans parler du fait que cela permet surtout de différencier immédiatement l’expérience de ce qu’Insomniac proposait avec Spider-Man. Et puis si c’est too much pour vous, sachez que le sang et les démembrements peuvent être désactivés dans les options.
Cela dit, si Wolverine est incontestablement plus lourd et beaucoup plus brutal, ces attaques n’en restent pas moins ultra nerveuses et lorsqu’un combat fonctionne parfaitement, avec les différentes techniques, les esquives, les attaques spéciales et cette possibilité de fondre très rapidement sur une nouvelle cible, je dois confesser que le plaisir peut être assez jubilatoire !
La progression permet d’ailleurs d’étoffer régulièrement son arsenal puisqu’à chaque niveau gagné, vous récupérez un point de technique que vous pouvez investir dans différents arbres de compétences. On retrouve ainsi 16 techniques donnant accès à de nouvelles actions utilisables en combat, mais aussi 6 techniques spéciales qui nécessitent d’être chargées et 12 améliorations permettant de renforcer ces dernières. Alors franchement, rien de fondamentalement révolutionnaire dans le principe, mais cela fonctionne plutôt bien puisque Logan et le joueur étoffent régulièrement leur palette de coups, contribuant à matérialiser cette montée en puissance typique des jeux de superhéros.
À cela viennent s’ajouter ses sens renforcés, notamment son ouïe et son odorat, qui permettent de pister certains ennemis ou de suivre la trace d’un objectif. Sauf que c’est là qu’on touche à mon avis, un point assez sensible !
En effet sur le papier, ces sens collent parfaitement au personnage. Un personnage d’ailleurs à mon sens, assez complexe à adapter en jeu vidéo, tant il est puissant et quasi immortel. Résultat, dans les faits, c’est aussi là que l’on commence à toucher l’une des limites qui m’a le plus dérangé dans le jeu, à savoir que Marvel’s Wolverine nous prend ÉNORMEMENT par la main !
Alors comprenez-moi bien, ce n’est absolument pas la linéarité qui me dérange. Je n’ai aucun problème avec le fait qu’un jeu veuille raconter une histoire très cadrée et nous emmener précisément là où ses développeurs l’ont décidé, surtout lorsqu’il assume autant cette dimension blockbuster cinématographique. En revanche, ici, le guidage est si fréquent et si visible que j’ai trouvé qu’il finissait par parasiter l’exploration, avec de gros marqueurs colorés à l’écran et surtout cette espèce de fumée bleutée qui vous indique très précisément où vous devez aller.
À un moment, j’ai même fini par fouiller dans les menus pour voir s’il existait un moyen de la désactiver et, sauf erreur de ma part, en attendant un potentiel patch… je n’en ai pas trouvé. Or je pense, qu’il existe énormément de manières plus subtiles d’orienter naturellement le regard du joueur, avec la lumière, la construction des environnements ou simplement la mise en scène, et j’aurais vraiment aimé qu’Insomniac nous fasse davantage confiance. J’avoue, personnellement, sur la durée ça m’a retiré une bonne partie du plaisir de la découverte.
D’autant que cette sensation se retrouve également dans certaines phases d’exploration où il faut examiner plusieurs éléments dans un ordre précis. Du coup, vous pouvez parfaitement avoir déjà repéré l’objet nécessaire à votre progression... mais si le jeu estime que ce n’est pas encore le moment de le valider, il faut malgré tout suivre la séquence prévue. Et aujourd’hui en 2026, bah je trouve ça assez archaïque.
Pour tenter de varier les choses, le jeu propose quelques respiration avec les séquences de Cauchemars permettant notamment de plonger davantage dans la psyché de Logan et de revisiter certains éléments de son passé, malheureusement uniquement de manière tex-tuel, tout en proposant des défis chronométrés qui peuvent prendre la forme de combats ou de séquences de parcours là encore très calibré… mais là encore, j’ai plus eu l’impression de voir des mini niveaux/défis à la Ratchet and Clank que quelque chose de vraiment bien intégré à la narration.
Quoi qu’il en soit, ils vous permettrons d’obtenir des Adaptations renforçant certaines capacités en combat, tandis que les bouteilles de whisky disséminées dans les niveaux permettent également d’obtenir des points liés à ce système.
Concernant la difficulté et l’accessibilité, sachez que cinq niveaux sont proposés afin de couvrir des profils très différents, depuis une expérience où Logan ne peut même pas être mis KO jusqu’aux réglages destinés à ceux qui recherchent des combats beaucoup plus exigeants. Et comme souvent chez Insomniac, les options d’accessibilité sont extrêmement nombreuses et il est même possible, pour ceux qui le souhaitent, de réduire considérablement la violence à l’écran en supprimant notamment le sang.
Pour les mégas fans, notez aussi que vous retrouverez toute une dimension de personnalisation autour des tenues, avec près de 27 costumes à fabriquer en débusquant des caisses de matériaux. D’ailleurs pour vous pousser à en découvrir de nouvelles, sachez que plus vous accéderez à de nouvelles tenues, plus vous pourrez augmenter la santé de Logan jusqu’à un maximum de 200 % de bonus.
En prime, certaines sont accompagnées de nouvelles paires de griffes, avec une vingtaine de variantes purement esthétiques. Alors oui, ce sont évidemment des éléments secondaires, mais ils donnent au moins quelques raisons supplémentaires de regarder autour de soi dans une aventure qui… sans cela... nous inciterait quand même à juste foncer tout droit ! Car c’est probablement l’autre réserve que je retiens de Marvel’s Wolverine : sur la durée, sa boucle de gameplay est quand même assez courte.
Oui, c’est du grand spectacle, mais l’on reproduit quand même assez régulièrement les mêmes actions pendant une quinzaine d’heures et certaines séquences de course poursuite sont plus spectaculaires à regarder, que véritablement fun à jouer. Alors attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, dans l’ensemble, cela fonctionne, parfois même extrêmement bien, mais j’avoue que les Spider-Man m’avaient donné le sentiment d’être des expériences ludiquement plus riches, notamment grâce au plaisir de l’exploration, ainsi qu’à son système de déplacement qui constituait déjà à lui seul une mécanique extraordinairement plaisante.
Ici, Wolverine compense évidemment avec son agressivité et la brutalité de ses combats, même si ces derniers peuvent eux aussi devenir un peu bordéliques lorsque beaucoup d’ennemis sont présents. Parce que oui, la caméra notamment n’est pas toujours optimale, et dès que l’action se déroule dans un environnement un peu exigu, avec Logan qui bondit rapidement d’un adversaire à l’autre, il arrive que l’on perde en lisibilité. Alors rien qui m’ait véritablement gâché l’expérience, mais suffisamment récurrent pour que je le remarque et vous en parle !
En revanche, sur une note plus positive, plus l’aventure progresse et plus elle gagne clairement en ampleur et c’est notamment pour cela, que j’ai vraiment aimé son dernier tiers. On traverse en fait plusieurs arcs narratifs, et les relations entre certains personnages gagnent en profondeur, tandis qu’Insomniac finit (enfin pourrait-on dire) par se lâcher davantage sur quelques séquences artistiquement beaucoup plus intéressantes mais qui interviennent assez tardivement dans l’aventure, y compris lorsqu’il s’agit de rentrer dans la psychologie de Logan.
Et à mes yeux, c’est probablement là que Wolverine pourra trouver sa personnalité, parce que derrière toute cette violence absolument démesurée qui peut se déchaîner en quelques instants se dessine en permanence un contraste assez fort entre des personnages profondément tourmentés… et à la fois qui cherchent malgré tout une forme de stabilité, d’affection et même carrément d’amour. La relation entre Logan et Jin Grey fonctionne notamment très bien, avec une véritable alchimie entre les personnages et plusieurs séquences où ils combattent ensemble, permettant ponctuellement de réaliser des attaques combinées particulièrement spectaculaires.
Plus généralement, sans atteindre le niveau d’un Naughty Dog, j’ai trouvé l’acting assez convaincant, avec des expressions faciales parfois très réussies, sur des modélisations de visages qui oscillent entre le remarquable comme pour Logan ou Essex respectivement brillamment incarné par Liam Mac InTyre et Troy Baker… et le moins convaincant comme sur Lady Deathstrike qui en fait à mon sens un peu trop, avec un visage assez crispé.
Reste que globalement, sur la partie technique, Insomniac a clairement monté la plupart de ses potards : le piqué de l’image est d’une grande propreté et les textures sont très définies. Sur PS5 Pro, deux modes principaux sont notamment proposés, avec un mode Performance Pro visant les 60 images par seconde tout en conservant une qualité d’image élevée grâce au PSSR, et un mode Fidélité Pro visant les 30 images par seconde avec un ray tracing plus avancé et certains détails capillaires améliorés. Enfin, pour les puristes, notez que plusieurs réglages liés au VRR sont également disponibles, et compte tenu de la nervosité des combats, j’ai personnellement trouvé que la fluidité apportait énormément au confort général.
Et cette dimension spectaculaire est d’autant plus efficace que la musique accompagne vraiment bien la montée en pression. Plus on approche de la fin et plus le jeu embrasse pleinement cette dimension de gros film Marvel interactif, avec des séquences de plus en plus ambitieuses et un nombre conséquent de QTE. Comme je vous l’évoquais, j’ai d’ailleurs bien aimé la conclusion de l’aventure, que j’ai trouvée à la fois intense et même assez touchante par certains aspects. Alors sans rien vous dévoiler évidemment, sachez que c’est clairement une partie du jeu qui a fait remonter mon appréciation générale.
Alors au bout du compte, qu’est-ce que je retiens de ce Marvel’s Wolverine ? Eh bien si vous recherchez une aventure spectaculaire, extrêmement rythmée, très violente, portée par un personnage dont on ressent véritablement la rage et par une mise en scène qui ne cesse de monter en puissance et que vous n’êtes pas en quête absolue d’originalité, il y a énormément de choses à apprécier ici, et certaines séquences m’ont vraiment procuré ce sentiment de blockbuster jubilatoire qu’Insomniac maîtrise aujourd’hui parfaitement.
En revanche, je trouve aussi que le studio va parfois trop loin dans sa volonté de contrôler l’expérience. Le guidage manque franchement de subtilité, l’exploration peut paraître archaïque dans son fonctionnement, la caméra souffre ponctuellement de la nervosité des combats et, surtout, cette structure très répétitive m’a empêché d’être constamment happé pendant une aventure qui met d’ailleurs un peu de temps à décoller.
À ce titre, si l’on reste dans l’univers Marvel, je dois confesser que la proposition des Spider-Man restera donc pour moi un expérience de super-héros ludiquement plus enthousiasmante. Cela dit Marvel’s Wolverine possède évidemment quelque chose que Spider-Man n’avait pas, à savoir cette brutalité, cette rage et ce contraste permanent entre un personnage quasiment indestructible physiquement et profondément cabossé intérieurement.
Donc oui, tout n’est pas parfait, et j’aurais clairement aimé qu’Insomniac sorte davantage les griffes en matière de game design et d’originalité, plutôt que de trop nous prendre par la main… et puis, j’ai quand même le sentiment que le développement a dû être plus complexe en interne qu’il n’y paraît et que ça se sent un peu au final. Pour autant, lorsque Logan sort ses griffes et que tous les éléments s’alignent, difficile de nier que Marvel’s Wolverine peut devenir un sacré spectacle !
Ah, et évidemment, grande tradition Marvel oblige : ne partez pas trop vite après avoir bouclé le jeu, puisqu’une scène post-générique vient clairement ouvrir quelques portes pour la suite, sans parler du New Game +. Au final, si Insomniac Games signe un blockbuster brutal et parfois jubilatoire, il s'avère aussi très (trop) dirigiste et pas toujours très inspiré. En matière de jeux de super-héros, les récents Spider-Man ou Gardiens de la Galaxie proposaient donc des aventures ludiquement plus marquantes.
VERDICT : SATISFAISANT
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